Salles de réunionMicrosoft 365Fin de support

Quicklaunch de UC Workspace n'est plus supporté : ce qui casse, et quand

Si vos salles de réunion tournent encore sous Quicklaunch, vous êtes dans la situation où je me suis trouvé : un logiciel qui fait très bien son travail, et plus personne derrière pour le maintenir.

Le rappel des faits. Kramer Electronics a racheté UC Workspace en février 2022. La fin de commercialisation de Quicklaunch est tombée en décembre 2023, la fin de support à la fin de 2024. Le site de support existe toujours, gelé, avec la mention en haut de chaque page. La boutique de licences est vide. Kramer n’a pas sorti d’équivalent : Kramer Control est un système de contrôle AV, ce n’est pas un lanceur de réunion.

Ce qui rend la situation particulière, c’est que Quicklaunch était bon. Plus de trente plateformes de conférence reconnues, participation en une pression depuis le calendrier de la salle, mode kiosque, nettoyage entre les réunions. Avocor était partenaire Platinum du programme OEM et livrait une version taillée pour ses écrans. Beaucoup d’organisations l’ont donc reçu avec leurs panneaux sans jamais l’avoir cherché.

L’échéance qui va décider pour vous

Quicklaunch lit les calendriers par Exchange Web Services. Microsoft retire EWS d’Exchange Online : à partir du 1er octobre 2026, les requêtes EWS venant d’applications tierces sont bloquées, et le 1er avril 2027 le service est coupé définitivement, sans exception et sans possibilité pour un administrateur de le réactiver. Une liste d’identifiants d’applications autorisées permet de repousser jusqu’en avril 2027, mais elle doit être demandée avant fin août 2026.

Tout ne meurt pas à cette date. Quicklaunch sait parler à Microsoft Graph depuis la build 4.0.680.0. Les salles qui tournent sur une version supérieure et configurées en Graph passeront l’échéance sans rien remarquer. Celles restées en V3, ou sur une V4 antérieure, ou sur une V4 récente encore configurée en EWS, perdront leur calendrier.

Attention au raccourci : ce n’est pas votre numéro de version qui décide, c’est votre mode d’authentification. Une salle en 4.1 ou en 4.2 peut très bien être encore configurée en EWS, et tomber le 1er octobre, alors qu’elle a tout ce qu’il faut pour passer en Graph.

Le contrôle prend dix minutes et se fait en trois gestes. Dans le centre d’administration Microsoft 365, ouvrez le rapport d’utilisation EWS : il vous dit quelles applications de votre tenant appellent encore EWS, et Quicklaunch y apparaîtra s’il est concerné. Relevez ensuite la version exacte installée sur chaque salle. Si elle est égale ou supérieure à 4.0.680.0, vous pouvez basculer en Graph vous-même : l’article de migration EWS vers Graph API est toujours en ligne sur le portail de support gelé, et l’opération ne coûte rien. Si vous êtes en V3 ou sous 4.0.680.0, aucune bascule n’est possible et il vous faut un remplaçant.

Un mot sur la liste d’AppID autorisés, souvent présentée comme la solution de repli : elle ne repousse qu’au 1er avril 2027, elle doit être demandée avant fin août 2026, et elle suppose de connaître l’identifiant de l’application qui émet les appels EWS. Pour un produit abandonné dont l’éditeur ne répond plus, c’est loin d’être acquis.

Les salles dont je m’occupe sont en 4.2.787 et en Graph. Elles ne tomberont pas le 1er octobre. Ça n’a pas changé la conclusion : un logiciel qui ne recevra plus jamais de correctif finit par céder ailleurs. Une mise à jour de Windows, un client Zoom ou Teams qui change son schéma de lancement, un certificat, une politique de sécurité. Ce n’est pas une panne annoncée, c’est une érosion.

Ce que vous perdez déjà sans le voir

Une bonne partie de la valeur de Quicklaunch venait de sa liste de plateformes. Sauf que cette liste s’est vidée toute seule. BlueJeans a été arrêté par Verizon en 2024. Lifesize a fait faillite et a été repris par Enghouse. StarLeaf est passé en administration en 2023. Skype grand public a fermé en mai 2025, Skype for Business Online était déjà retiré depuis 2021 et les versions Server sont sorties de support en octobre 2025. Google Hangouts n’existe plus, Cisco Spark s’appelle Webex.

Ce qui compte réellement aujourd’hui tient en une dizaine d’entrées : Teams, Zoom, Webex, Google Meet, GoTo, RingCentral, Amazon Chime, plus les plateformes auto-hébergées type Jitsi ou BigBlueButton et les cas particuliers de chaque organisation. C’est une bonne nouvelle : le remplaçant que vous cherchez n’a pas besoin de trente intégrations, il a besoin des bonnes.

Vos options, avec les prix

Les éditeurs publient ces tarifs en dollars. Je les convertis au taux de référence de la BCE du 27 août 2026, 1 euro pour 1,1645 dollar.

Ne rien faire. Défendable si vos salles sont en Graph et que vous acceptez de vivre sans correctifs. À surveiller : les schémas de lancement des clients Zoom, Teams et Webex, qui changent sans prévenir et sans que personne ne corrige plus rien de votre côté.

Passer à DisplayNote Launcher. Comptez autour de 420 € par salle et par an au tarif public, moins via revendeur. Chez Dell, la licence Basic trois ans est à 1 265 €. Certains panneaux, notamment les ActivPanel de Promethean, l’incluent pour la première année. Vous y gagnez une console de gestion centrale, du signage et un support actif. C’est un vrai produit, avec un vrai prix.

Passer à Conferfly. Moins connu et pourtant le plus direct des concurrents : 172 € par salle et par an, ou 17 € par mois, avec 21 jours d’essai sans carte. Onze plateformes reconnues, dont RingCentral, Dialpad, Lark, Vonage et Jitsi, un système de réservation, du partage d’écran sans fil et des applications de contrôle sur tablette Android ou iPad. La différence de nature : Conferfly s’ouvre dans un navigateur sur le PC de la salle et se connecte à vos calendriers depuis son service en ligne. Pour beaucoup d’organisations c’est parfait et le rapport fonctionnalités/prix est difficile à battre. Si vous devez tenir un vrai mode kiosque Windows, forcer les clients de bureau natifs, ou éviter de confier les calendriers de vos salles à un tiers, ce n’est pas le même produit.

Basculer sur un système certifié. Microsoft Teams Rooms rejoint directement les réunions Zoom, Webex et Google Meet, et la licence Basic est gratuite jusqu’à 25 appareils par tenant. Attention au piège : toute licence Teams Rooms, Basic comprise, exige du matériel certifié. Un PC Windows ou un OPS derrière un écran n’est pas un appareil certifié et n’y a pas droit. La gratuité suppose donc d’acheter d’abord le système. Pour situer : une barre Neat coûte entre 2 060 et 2 575 €, un Neat Board 50 est à 5 145 €, un lot Neat Bar Pro avec Neat Pad à 5 025 €. C’est le chemin que prennent beaucoup de ceux qui quittent Quicklaunch, et c’est un budget d’équipement, pas un abonnement. Pour les salles déjà certifiées, Pexip vend One-Touch Join entre 9 et 17 € par salle et par mois.

Remplacer par quelque chose de plus léger. C’est la voie que j’ai prise. J’ai écrit RoomStart pour nos salles : calendrier de la salle lu par Graph, participation en une pression dans le client de bureau natif et pas dans un navigateur, mode kiosque, nettoyage de session, déploiement par Intune. Il couvre une bonne partie de ce que faisait Quicklaunch, sans console centrale ni analytique de parc. Il tourne en production depuis fin août 2026. Licence perpétuelle, 350 € HTVA par écran, première année incluse, maintenance ensuite facultative.

Si vous êtes dans le même cas

RoomStart n’est pas encore commercialisé : les tarifs sur sa page produit sont indicatifs. Je cherche d’abord à savoir combien d’organisations sont réellement coincées avec le même problème, parce que ça détermine ce qui se construit en premier.

Si vos salles tournent sous Quicklaunch, écrivez-moi. Ce qui m’intéresse : combien de salles, quelle version, EWS ou Graph, et quelles plateformes vos organisateurs utilisent réellement. Je réponds avec ce que je sais de votre échéance, sans rien vous vendre. Et si un remplacement léger prend forme, vous serez au courant avant tout le monde.

Vous me trouverez sur la page de contact.